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 Et voilà, ce qui devait arriver arriva mais pas de la façon dont on l'attendait...et c'est tant mieux. NARNIA, monde merveilleux peuplé de castors qui conversent, de Père Noël, de frêles batailles, d'un lion qui se prend pour Jésus et de gamins horripilants avait accusé de sa guimauve sur nos écrans il y a quelques petites années de cela...On prend les mêmes et on recommence, mais on laisse le Père Noël et la famille castor pour les mioches, on oublie les élucubrations foireuses de grenouilles de bénitier, on booste les batailles, la violence, la psychologie des personnages, on n'a pas peur et on y va ! En guise d'animaux, les souris mousquetaires assurent le spectacle en tuant tout ce qui bouge (!), un blaireau sympa mais valeureux et de redoutables griffons...Le papa de SHREK soigne ses personnages en leur insufflant un peu d'ambiguïté et beaucoup de maturité, leur faisant quitter un monde de guerre contemporain pour se retrouver en pleine bataille d'antan, dans deux dimensions qui les font grandir trop vite...Le prince Caspian est d'ailleurs un très beau personnage aussi lucide que perdu face à de redoutables adversaires qui restent humains malgré tout et se retrouvent, eux aussi, face à leurs doutes et leur faiblesse. Articulé autour de deux batailles dantesques, LE PRINCE CASPIAN ne subit aucune longueur, aucune baisse de rythme, réussissant le passage de l'épique haut la main (et bien plus encore !) tout en magnifiant son intrigue de touches tragédiennes vibrantes tandis que retentit le score imposant de Gregson-Williams, que le fracas des lames, les rugissements et la destruction fait rage dans un superbe tumulte organisé main de maître tout en gardant la mesure du pouls qui s'intensifie à chaque minute et s'amusant de quelques surprises et clins d'oeil au premier très bien intégrés. Que dire au final ? Même la morale fatiguante et infantile du premier trouve dans ce deuxième opus un véritable intérêt, ne se moquant jamais du public auquel le film est destiné...En gros, Adamson réussit avec LE PRINCE CASPIAN tout ce que Jackson avait raté dans LE RETOUR DU ROI, et ça, c'est déjà incroyable... |
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 Andy et Larry Wachowski reviennent derrière la caméra pour une seconde interprétation du divertissement populaire. Et "pop", SPEED RACER l'est absolument...Adaptation d'un manga culte de la fin des années 70, le film des frangins se veut forcément fidèle, vu que le serial est très vieux, quelque part on s'en fout et on tombe un peu en terrain inconnu: univers rococo sucré, courses très vidéoludiques, personnages colorés et intrigue prétexte, SPEED RACER fait avant tout écarquiller les yeux...Un festival de couleurs, un tourbillon psychédélique, le spectacle se savoure comme un gros trip halluciné et hallucinant. Tout se règle pratiquement au rythme de ses courses effreinées, ça va vite, très vite. C'est souvent fort, très très fort...Gênant au début, les effets spéciaux s'imposent par la suite comme la composante indispensable au bon fonctionnement de l'ensemble et sans jamais remettre en arrière plan les acteurs, tous excellents et se prêtant au jeux avec jubilation. Ce que vous verrez dans SPEED RACER, vous ne l'avez jamais vu, tout simplement. Les images, les prises de vues en totale liberté de mouvement, la science millimétrée du montage, le génie de la mise en scène explosent comme jamais ! Ce n'est pas un film à proprement parlé, c'est une oeuvre d'art, un manifeste polyculturel universel esthétiquement tout puissant... Une sorte de monstre en sucre jovial et dangereux à la fois...Car le film est faussement naïf derrière son côté compil pour enfants: certains plans vifs nous rappellent que par le succès, l'argent et l'avidité, l'Homme est bien pire qu'un primate, se ridiculisant et se vidant de sa substance pour n'être qu'une coquille aride. Pas nouveau, certes, mais mis en forme avec une intelligence plutôt réjouissante. Sinon à côté de ça c'est un gros bordel organisé: de l'humour absurde, des scènes d'action qui dépassent la raison, et des tableaux retro-futuristes qui se succèdent en une logique implaccable, en la logique des Wachowski. Même si beaucoup seront dérangés par le film, diront qu'il a forcément le cul entre deux chaises (ni assez gamin, ni assez adulte), complètement décalé et en roue libre, n'ont finalement qu'une chose à se mettre en tête: du haut de leur gros dollars investis dans leur bébé, Andy et Larry Wachowski ne cèdent jamais leur univers au mercantilisme facile, ce film déjanté en est la preuve: le cinéma c'est de l'art avant d'être une industrie, dans ce sens SPEED RACER est aussi une belle provocation autant qu'une leçon de virtuosité...Et l'Art se justifie à lui-même à travers ce nouveau bockbuster "hermétique" des frères Wachowski...Formidable. |
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 Il était une fois un réalisateur d'origine indienne qui vouait un culte à Hitchcock et Spielberg et ça donnait: SIXIEME SENS, INCASSABLE, SIGNES (quoique), LE VILLAGE...Et puis un jour, terrassé par les critiques sans pitié, il détourna un conte de fée moderne en revanche contre les forces du mal de la plume qui s'amusèrent à titiller la petite bête du génie autoproclamé, et ça donnait: LA JEUNE FILLE DE L'EAU, un film qui le fit persona non grata à Disney et Touchstone...La charge fut trop osée et appuyée, et l'ego du réalisateur froissé...Pourtant, malgré son Oscar du plus mauvais film de tous les temps, LA JEUNE FILLE DE L'EAU est traversé de fulgurances tout simplement...géniales. Il lui fallait remonter la pente et THE GREEN EFFECT, pardon, THE HAPPENING arriva à point nommé. Bien décidé à redorer son blason tout en restant en terrain connu (l'étrange et le mystère qui s'attaquent à l'Homme), Shyamalan se lance aussi dans la violence. Le début de PHENOMENES est aussi étrange que fulgurant: des personnes se suicident violemment (épingle à cheveux dans la carotide, bras arrachés par des lions, balles dans la tête, corps sous une tondeuse, et corps qui se fracassent sur le bitume), le réalisateur n'épargne rien et puise jusqu'à l'abstraction dans ce qu'il y a de meilleur en lui: un sens du suspense et de la mise en scène imparable, une inventivité constante...Mais bien évidemment quelque chose cloche...On cherche en vain pendant 1H30 et puis au générique on trouve: la direction d'acteur est déplorable...Mark Wahlberg est anémique. Des lignes de dialogues sont complètement surréalistes ("j'ai mangé un clafoutis avec Joey, je suis désolé"...) et le final tombe complètement à plat...Pourtant, PHENOMENES fait partie de ces pelloches uniques, un instant de cinéma trouble, brutal et fragile, tout en contradictions, qui démontre le génie évident de son réalisateur, mais aussi ses grosses limites... |
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