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Comme
le disait si bien Anthelme Brillat-Savarin (1755 - 1826),
ce qu'on mange est ce qu'on est, c'est comme schtroumf vert
et vert schtroumf. Aphorisme discutable quand on l'applique
aux particuliers, certes, mais très intéressant dès lors qu'on
l'étend aux mœurs culinaires d'une civilisation. Prenez les
Romains : ils se gavaient de gibier farci de f igues,
d'olives et de grives entières, le tout préparé dans une sauce
au poisson pourri appelée garum. Et les Romains ont conquis
le monde. Plus près de nous, les Américains se régalent de
bœuf aux hormones, de carottes mutantes, de fromage enrichi
de plastique (je vous jure) et de tartes aux chamallows. Eh
bien les Américains aussi, ils l'ont conquis, le monde.
Ça fait réfléchir, non?
Si
le Québec tarde à devenir le centre d'un empire galactique,
il a par contre le secret d'une recette qui n'a rien à envier
à ces grandes puissances. Le mets en question porte le nom
de poutine, appellation usurpée de façon inique par le nouveau
Premier ministre russe. Remarquez qu'on ne saurait en vouloir
à ce dernier. Car la poutine se composant d'un mariage grandiose
entre des frites bien grasses, un fromage mollasson qui couine
sous la dent, et une sauce brunâtre à base de sucre, de fond
de rôti et de glutamate mono sodique, la poutine, dis-je,
jouit d'une gloire bien méritée, qui ne peut que rejaillir
sur un chef d'État peu scrupuleux. À moins que ce ne soit
la sauce sus-nommée.
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