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28/7 : Lever à 5 heures et petit dej. Dès que
la mer descends a marée basse, on y va : On a 3 heures
pour faire 150 kms. Un barrage, puis deux nous ralentissent
en nous demandant l'assurance qu'on n'a pas. Lors du deuxième
barrage, les voitures passent une par une et tournent à
gauche car la marée commence à remonter. Patrice,
Cédric et moi ne voyons pas les voitures tourner à
gauche, on continue tout droit en espérant les rattraper.
On roule assez vite et on s'étonne que le reste du
groupe ne nous ait pas attendu. La marée remonte mais
on continue. Arrivé à un endroit un peu difficile,
on doit rouler sous 20cms d'eau pour contourner les rochers.
Soudain, Cédric s'enlise !! On se regarde : Une seule
solution, sortir et pousser. On ouvre la portière et
une vague d'eau envahie l'intérieur de la voiture.
Je pousse mais la voiture ne veut rien savoir. La mer remonte
vite et la voiture se remplie d'eau à chaque fois qu'on
ouvre une portière. Patrice qui est déjà
engagé s'approche pour essayer de nous tracter. Il
s'ensable à son tour. Pour sauver la 505 de Patrice,
on essaie de mettre des pierres sous les roues. Cédric
s'en va appeler un russe qui était en train de pêcher
500 mètres avant. La 504 de Cédric semble définitivement
perdue. On sort alors nos sacs de la voiture car l'eau arrive
au niveau des banquettes.
 Un
jeune mauritanien qui se baladait au milieu de nulle part
nous vient en aide. Le russe (un peu 2 de tension) arrive
avec ses gardes du corps et met 5 minutes
a réaliser qu'il doit utiliser son beau 4*4 diplomatique
pour essayer de sortir nos voitures de l'eau.
Notre corde et celle du 4*4 sont insuffisamment longues et
il manque seulement 30 cm. Le Mauritanien nous trouve un fin
cordage correspondant à des filets de pêche échoués
sur les rochers. Mais le cordage lâche !! L'autre voiture
semble définitivement perdue. On essaie avec d'autres
filets de pêche, mais rebelote. A la troisième
reprise, trouve un cordage plus épais et on se met
tous à pousser en sentant la force du mauritanien démultipliée
dès qu'il criait " Lahila a Illa Allah "
et miracle, on arrive à faire bouger puis à
sortir la Peugeot 505 tractée par le 4*4 !! Dans un
dernier espoir, on tente de sortir la 504 mais ce sera difficile
car le 4*4 devra s'appuyer sur des pierres pleines d'algues.
Miracle encore, on y arrive !!
On crie tous de joie, on vide l'eau du 504 et on se pose sur
la plage, épuisés en attendant la prochaine
marée basse. Le russe nous quitte en
se présentant : C'était l'ambassadeur de Russie
en Mauritanie. Normal
vu le 4*4 diplomatique et vu qu'il devait sans doute être
le seul russe en Mauritanie. Le mauritanien repart avec le
tee-shirt du Céram. Je fus très impressionné
par son comportement généreux et timide à
la fois : j'ai du le rattraper pour le remercier car il partait
en nous faisant signe de la main sans rien réclamer.
Total repos pendant 6 heures. A 18heures, fin de la sieste,
il faut sortir les voitures de la zone de sable mou, le seul
endroit où elles étaient hors d'atteinte de
la marée. A peine on descend la 505 qu'elle s'enfonce
dans le sable encore humide et quelques vagues viennent jusqu'à
la voiture pour creuser autour des pneus. Rebelote, on arrive
a peine à sortir en une heure et le soleil se couche,
on remonte les voitures dans le sable mou. Une autre marée
basse de ratée. On fait des pâtes à la
sauce tomate car elles nécessitent moins d'eau que
le riz, c'est l'opération " survie " car
les réserves d'eau s'amenuisent. On est isolé
au milieu de nulle part et personne n'est passé depuis
six heures.
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