Et si la difformité qui vous afflige
était en fait la source d’un étrange pouvoir
? Et si ce pouvoir vous permettait de monter quatre à
quatre les échelons de la société ? Telle
est la trajectoire de Dustin Goldfinger, un homme influent
car, c’est bien connu, le pouvoir attire le pouvoir.
Et Dustin en connaît un rayon en la matière :
d’un tour de sa deuxième main gauche, il peut
repousser les barrières de l’impossible en transformant
tout ce que cette difformité touche. Mais il a surtout
réussi à transformer sa vie en tour d’ivoire.
Décidément, Corbeyran s’ingénie
à trouver de nouvelles voies dans le genre fantastique.
Et à dénicher (ou ressortir des placards) des
talents graphiques. Et encore une fois, l’entrée
en matière est assez alléchante. Un enfant persécuté
qui prend sa revanche, des freaks assez crédibles,
un cliffhanger à cheval sur deux époques : le
lecteur lambda devrait trouver son compte dans cette fable
moderne. Côté dessin, Gil Formosa, qui semble
être le chaînon manquant entre Cuzor, Berthet
et Moebius (toutes proportions gardées), a un style
qui peut-être ne plaira pas à tout le monde,
mais qui pour l’heure est assez efficace. Affaire à
suivre dans le prochain tome de Double gauche (il y en aura
trois en tout).
par Yannick Chazareng
Double gauche - Corbeyran - Gil
Formosa, 2006, 56 pages, 13 €
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