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Sixième album du Brestois depuis Boire en 1995. Miossec
troque les plaintes pour l’étreinte et s’en
sort plutôt bien.
"L’idée était que cela puisse partir
dans tous les sens." Miossec ne lésine pas quand
il s’agit de changer de ton : nouvelles sonorités,
nouvelles collaborations, nouveau vocabulaire. Tabula rasa
sur le passé ? Non, il ne faut rien exagérer.
L’auteur de Boire n’a pas rompu les amarres avec
toutes ses anciennes amours. Jean-Louis Pierot réalisateur
de l’album était déjà présent
sur 1964, Robert Johnson, son guitariste de tournée,
signe deux titres, le champ lexical du bonheur est bien présent
(trahir, maudire, détruire, défaite...). On
retrouve l’influences paternelle de Gainsbourg dans
le jeu de basse de Quand on fait la chose les intonations
de La grande marée ou sur les chœurs de La mélancolie.
L’importance des chœurs est une des nouveautés
de L’étreinte. Cuculs sur le tube La facture
d’électricité, pudiques sur Maman, gothiques
sur le loup dans la bergerie, ils soutiennent la voix rauque
de Miossec et bien souvent apportent une touche de légèreté
ou de variété bien pensée.
Il ne faut pas chercher d’unité dans L’étreinte,
c’est un mix assumé, revendiqué, et porté
par des collaborations malheureusement inégales. Si
on peut louer la composition des Valentins ou de Gérard
Jouannest qui jouent sur le registre balade glam au clair
de lune, ou le très pop-curiste L’amour en l’air
signé Daran, le titre Bonhomme composé par Johnson
est une véritable mièvrerie. Mais rendons à
Miossec ce qui lui revient de droit, la composition de huit
titres sur les douze dont l’excellent Maman avec une
entame au piano à la Dave Brubeck ; et le choix de
s’évader de son univers familier pour s’aventurer
en terres inconnues avec une certaine réussite.
Cédric Vigneault
Miossec - L’étreinte
(Pias) |