| "Stephen Leacock est un des types
les plus drôles que je connaisse", aurait dit Groucho
Marx. S’il ne plaisantait pas - le bougre en eût
été bien capable -, autant dire qu’on
attendait beaucoup d’un aussi glorieux parrainage. Or
Le plombier kidnappé, recueil de nouvelles parues entre
1911 et 1920, est bien un petit chef-d’œuvre d’humour
absurde. Le canadien Stephen Leacock manie avec une délectation
contagieuse l’art de la parodie, et distille le non-sens
au cœur des histoires les plus attendues. Huit récits,
et autant de "bonnes vieilles histoires" (de naufrage,
de détective, de fantôme...) qui accumulent et
détournent les conventions du genre jusqu’à
l’implosion.
"C’était par une nuit de tempête sur
la côte Ouest de l’Ecosse. Mais que nous importe
puisque notre histoire ne se situe pas en Ecosse ?",
écrit ce digne héritier de Mark Twain. Ici,
on se recueille sur la géométrie d’Euclide,
et les naufragés négligent d’emmener des
ouvre-boîtes avec leurs réserves de corned-beef...
Quant à l’auteur, il n’hésite pas,
à l’occasion, à traiter son lecteur de
crétin... Lequel aurait tort de prendre la mouche pour
si peu, et de se priver de ce petit bijou un brin cynique
et impeccablement pince-sans-rire !
par Sophie Pujas
Le plombier kidnappé, Stephen
Leacock, Le Dilettante, 2005, 157 pages, 14 €
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